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Citadines pas chères

Assurance au kilomètre : rentable pour une citadine ?

L'assurance au kilomètre allège la prime d'une citadine qui roule peu, mais à Bruxelles le code postal pèse plus lourd que le compteur. Calcul par ville.

ParLéa8 min de lecture

Oui, l'assurance au kilomètre fait baisser la prime d'une citadine qui roule peu, de quelques dizaines à quelques centaines d'euros par an. Mais en ville, elle ne compense jamais le prix de l'adresse : à Bruxelles, le code postal pèse plus lourd que le compteur. La formule devient vraiment rentable sur une seconde voiture qui dort.

Comment fonctionne l'assurance au km en Belgique ?

Deux mécaniques circulent sous le même nom, et elles n'ont pas grand-chose en commun.

La première facture le kilomètre réel. Vous annoncez une estimation à la souscription, la prime est calculée sur cette base, puis vous communiquez en fin d'année le kilométrage relevé au compteur et l'assureur régularise : il rembourse les kilomètres non parcourus, ou réclame un supplément si vous avez roulé davantage, sans jamais suspendre la couverture. Au-delà de 25 000 km par an, les kilomètres en plus ne sont plus facturés. C'est le modèle de Belfius Direct, l'ancienne Corona Direct, qui se présente comme le seul assureur belge à rembourser les kilomètres non roulés. Environ 111 000 clients avaient choisi cette formule en septembre 2023, d'après le communiqué publié par Belfius au moment où Corona Direct a changé de marque.

La seconde mécanique est une remise par tranche. Vous déclarez rouler moins de 5 000, 10 000 ou 15 000 km par an, la prime baisse d'un pourcentage fixé d'avance, et c'est tout. Rien n'est remboursé si vous roulez encore moins ; sortir de la tranche fait en principe perdre la remise. AXA, Ethias, Yuzzu ou Allianz fonctionnent sur ce principe, avec des seuils et des pourcentages rarement publiés, qu'il faut obtenir sur devis. Les grilles relevées par Selectra situent les remises annoncées jusqu'à 15 % sous 15 000 km et jusqu'à 30 % sous 10 000 km.

Le dossier de Test-Achats ajoute deux précisions qui comptent. Les plafonds de kilométrage vont de 2 500 à 25 000 km selon les compagnies. Et la remise porte au mieux sur la responsabilité civile et l'omnium, jamais sur l'assistance dépannage, l'assurance conducteur ni la protection juridique.

CritèreKilomètre réel (Belfius Direct)Remise par tranche (AXA, Ethias, Yuzzu, Allianz)
Base de calculkilométrage relevé au compteur en fin d'annéetranche déclarée à la souscription
Vous roulez moins que prévukilomètres non parcourus remboursésrien ne revient
Vous roulez plus que prévusupplément à la régularisation, couverture maintenueremise perdue ; franchise de 250 à 500 € en cas de sinistre
Au-delà de 25 000 km par ankilomètres supplémentaires gratuitshors tranche
Assistance et protection juridiquehors calcul kilométriquehors remise
Profil gagnantvoiture qui roule très peu, ou de façon irrégulièrekilométrage stable, proche du haut de la tranche

Avantage au kilomètre réel dès que votre kilométrage est bas ou difficile à prévoir : il colle à l'usage et ne punit pas l'erreur d'estimation. La tranche ne l'emporte que si vous connaissez votre kilométrage à 1 000 km près et que l'assureur qui la propose est déjà le moins cher pour votre adresse.

À Bruxelles, le code postal pèse plus lourd que le compteur

Voici la thèse, et le tableau qui la porte.

Le comparateur belge CallMePower a publié en 2023, puis mis à jour en février 2025, une étude des primes auto par chef-lieu : même conducteur expérimenté sans sinistre, même Citroën C3 1.2 essence immatriculée en 2022, même omnium complète, primes relevées sur les simulateurs en ligne des assureurs. J'ai repris ces primes et je leur ai appliqué les deux remises kilométriques les plus fortes que l'on rencontre sur le marché belge.

VillePrime annuelle (omnium complète, C3)Avec 15 % de remise kmAvec 30 % de remise km
Bruxelles1 321 €1 123 €925 €
Liège1 272 €1 081 €890 €
Namur1 169 €993 €818 €
Anvers1 136 €965 €795 €
Gand996 €846 €697 €
Hasselt833 €708 €583 €

Primes mensuelles moyennes de l'étude multipliées par douze. Remises appliquées à la prime entière, ce qui surestime l'économie réelle : l'assistance et la protection juridique n'en bénéficient pas.

Lisez la première et la dernière ligne ensemble. Un Bruxellois qui décroche 30 % de remise kilométrique paie encore 925 € par an. Un conducteur de Hasselt qui n'a rien demandé à personne en paie 833. L'écart d'adresse, 488 € par an entre ces deux villes, dépasse la plus grosse remise kilométrique que la capitale puisse obtenir sur cette voiture, soit 396 €.

La raison tient au calcul de la prime. Une voiture de ville se tarife d'abord sur la fréquence des sinistres là où elle dort : densité de circulation, vols, accrochages en stationnement, portières ouvertes contre la carrosserie. Une citadine garée en voirie à Saint-Gilles court le risque de la rue même quand elle ne bouge pas, et aucun relevé de compteur ne mesure cela. Le kilomètre, lui, ne mesure que le risque de la route.

Dans l'étude, les trois régions s'ordonnent nettement. Bruxelles arrive en tête, Liège juste derrière, Mons et Namur au-dessus de la moyenne nationale de 91 € par mois ; Anvers se tient au milieu ; Gand, Bruges, Louvain et Hasselt ferment la marche.

Petite voiture d'occasion stationnée le long d'un trottoir dans une rue de ville
Une citadine garée en voirie à Bruxelles court le risque de la rue même à l'arrêt : c'est lui que la prime facture d'abord.

Une seconde voiture qui dort donne l'avantage au kilomètre réel

C'est l'objection sérieuse à la thèse, et elle tient en partie.

Prenez la deuxième voiture d'un ménage bruxellois, une Polo de douze ans qui sort pour les courses du samedi et deux visites par mois chez les parents : 3 000 km par an, peut-être moins. Avec une remise par tranche, elle est rangée dans la case « moins de 5 000 km » ou « moins de 10 000 km », exactement comme une voiture qui en roule 9 900. Au kilomètre réel, elle paie pour 3 000. Plus la voiture dort, plus l'écart entre les deux mécaniques se creuse, et c'est le seul cas où le compteur reprend la main sur l'adresse.

Le profil n'a rien d'exceptionnel. Le rapport annuel 2025 de Car-Pass établit à 14 172 km le kilométrage moyen d'une voiture belge, mais ce chiffre fond avec l'âge : 20 225 km la première année, 12 074 km à dix ans, 7 903 km à vingt ans. Une seconde voiture urbaine, souvent ancienne, se situe naturellement dans le bas de la courbe.

Reste à mesurer ce que rapporte réellement le remboursement. Belfius a donné un chiffre qui le permet, dans le même communiqué de 2023 : plus de 140 000 remboursements versés en 2020 et 2021, pour 4,7 millions d'euros. Soit environ 34 € par remboursement, pendant les deux années où les confinements ont vidé les routes comme jamais. Ce n'est pas l'économie totale face à un contrat classique (la prime de départ reposait déjà sur une estimation basse), mais c'est l'ordre de grandeur de ce qu'une année à rouler moins que prévu fait revenir sur le compte.

Trente-quatre euros.

Utile, sans plus. L'argent se gagne à la souscription, sur l'estimation de départ et sur le choix de l'assureur, pas en fin d'année.

Quel prix pour une assurance au kilomètre ?

Pour une citadine et un conducteur de plus de 30 ans sans sinistre qui roule moins de 10 000 km par an, CallMePower a publié en juillet 2026 des simulations indicatives : chez Belfius Direct, 292 € en RC seule, 434 € avec une mini omnium, 753 € en omnium complète ; chez AXA, 320, 457 et 655 € ; chez Yuzzu, 329, 477 et 540 €. La formule au kilomètre réel est donc la moins chère en RC et la plus chère en omnium complète : la mécanique ne garantit pas la prime. Ces montants ne sont pas des devis et changent avec la commune, la voiture et le degré de bonus-malus.

Petite voiture garée le long d'un trottoir dans une rue résidentielle bruxelloise
Sous 4 000 km par an, la vraie question n'est plus quelle assurance choisir, mais s'il faut garder la seconde voiture.

Qui y gagne vraiment ?

Trois profils, surtout. La seconde voiture du ménage, d'abord, pour les raisons vues plus haut. Le citadin passé au télétravail ou aux transports en commun, qui garde une voiture pour le week-end et les vacances. Et le retraité urbain qui ne fait plus que des petits trajets.

Le jeune conducteur, lui, y gagne rarement. Certaines compagnies réservent la formule aux conducteurs d'au moins 26 ans avec quelques années sans sinistre en tort, et pour un premier contrat le degré de départ et le code postal écrasent tout le reste : nous l'avons chiffré dans notre article sur l'assurance jeune conducteur en Belgique.

Avant de signer, quatre questions à poser à l'assureur, par écrit si possible :

  • sur quelles garanties porte le calcul au kilomètre ou la remise : la RC seule, l'omnium aussi, ou l'assistance également ?
  • comment le kilométrage est relevé : simple déclaration, photo du compteur, boîtier connecté, et qui paie le boîtier s'il y en a un ?
  • que se passe-t-il en cas de dépassement : supplément en fin d'année, perte de la remise, ou franchise appliquée seulement en cas de sinistre ?
  • la formule se cumule-t-elle avec une protection du bonus-malus ou une promotion de bienvenue ?

Que se passe-t-il si vous dépassez le kilométrage annoncé ?

Tout dépend de la mécanique. Au kilomètre réel, vous payez un supplément à la régularisation et vous restez couvert, quel que soit le total.

Avec une remise par tranche, le risque se concentre sur le jour du sinistre. Selon Test-Achats, un dépassement caché délibérément peut conduire l'assureur à refuser son intervention et à vous réclamer ce qu'il a versé aux victimes ; un dépassement involontaire se solde en général par une franchise de 250 €, parfois 500 €. Un déménagement ou la fin du télétravail justifient de prévenir l'assureur avant qu'il ne le découvre.

Comparer la prime d'abord, négocier les kilomètres ensuite

L'ordre compte.

Demandez trois ou quatre devis à garanties identiques pour votre code postal, sans parler de kilomètres, et gardez les deux moins chers. Posez ensuite la question du kilométrage à ces deux-là seulement. À Bruxelles, l'écart entre deux assureurs pour un même profil peut dépasser la remise kilométrique la plus généreuse, et la comparaison rapporte alors davantage que la formule. Le vrai coût, c'est l'assurance et l'entretien, pas juste le prix affiché, et le budget complet d'une petite voiture est détaillé poste par poste dans combien coûte une citadine par an.

Pour une seconde voiture qui roule sous 4 000 km par an, élargissez la question avant de choisir un assureur : à Bruxelles, la carte riverain du second véhicule coûte au minimum 127 € par an et la voiture reste un poste fixe de quelque 2 000 € avant le premier kilomètre. Le seuil où l'autopartage prend l'avantage est calculé dans notre article autopartage ou seconde voiture, et si la voiture principale est à remplacer, le classement des meilleures citadines met côte à côte les modèles du segment, prix belges à l'appui.

Comparateur Citadines pas chères

Compare les citadines pas chères côte à côte.

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Questions fréquentes

Belfius Direct, l'ancienne Corona Direct, se présente comme le seul à recalculer la prime sur le kilométrage réel et à rembourser les kilomètres non parcourus. AXA, Ethias, Yuzzu ou Allianz accordent plutôt une remise par tranche de kilométrage déclarée à l'avance. Les seuils et les pourcentages se demandent sur devis, ils sont rarement publiés.

Rarement à de bonnes conditions. Certaines compagnies réservent la formule aux conducteurs d'au moins 26 ans sans sinistre en tort depuis plusieurs années, selon Test-Achats. Pour un premier contrat, le degré de bonus-malus et le code postal pèsent bien plus lourd que le kilométrage.

Pas chez Belfius Direct, où vous communiquez vous-même le kilométrage relevé au compteur en fin d'année. Certains contrats s'appuient sur un boîtier connecté, qui enregistre aussi les trajets et les horaires : demandez qui le paie, qui le désinstalle et quelles données il collecte avant de signer.

C'est le cas où elle rapporte le plus. Une seconde citadine qui roule 3 000 km par an paie, au kilomètre réel, pour 3 000 km ; avec une remise par tranche, elle est traitée comme une voiture qui en roulerait 9 900. Sous 4 000 km par an, comparez quand même avec l'autopartage.

Léa suit le marché des petites voitures depuis 2014. Basée à Liège, elle roule au quotidien en citadine et passe ses week-ends à comparer autonomies réelles, coffres et coûts d’entretien. Elle teste surtout ce qu’on utilise vraiment en ville : créneaux serrés, recharge en copropriété, trajets courts et budget assurance jeune conducteur.